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[PRESSE] Les planches de dessins des premiers Disney sont en danger

mars 9, 2018

Les planches de dessins des premiers Disney sont en danger

 

 

Blanche-Neige, Pinocchio, Mickey… Autant de personnages qui ont traversé les années pour devenir des icônes du cinéma d’animation. Mais les premières esquisses qui les mettent en scène survivent, quant à elles, difficilement aux épreuves du temps. D’après un article du quotidien britannique The Guardian , des experts de la conservation ont constaté la détérioration progressive des celluloïds utilisés par les dessinateurs de Disney.

 

De 1937 à 1989, le studio aux grandes oreilles réalisait ses longs-métrages d’animation grâce à des celluloïds, soit des feuilles de plastiques transparentes sur lesquelles on peut peindre à la main différents éléments d’un dessin animé. En général, un personnage était dessiné sur un celluloïd, et un arrière-plan (généralement peint sur une vitre) était accolé par la suite. Ces plans étaient enfin photographiés pour donner, in fine, le dessin animé sous la forme que l’on connaît.

 

Un exemple de celluloïd utilisé pour le film Blanche-Neige et les sept nains (1937).

 

Au fil des ans, les celluloïds, sur lesquelles les dessins étaient encrés d’un côté et peints à la main de l’autre, ont commencé à se déformer. La cause ? Les matériaux utilisés à l’époque. Jusqu’en 1942, ces feuilles transparentes étaient faites de nitrate de cellulose, un composant qui engendre petit à petit des plissements et de la décoloration, et qui s’avère extrêmement inflammable. Le nitrate a par la suite été remplacé par de l’acétate de cellulose, mais les effets de ce dernier entraînent également quelques détériorations : froissement, jaunissement, et accélération avec le temps de la fragilité des celluloïds. Bref, si rien n’est fait, les formes originelles des classiques de Disney (comme Blanche-NeigePinocchioBambi et La Petite Sirène) pourraient rapidement disparaître.

 

Disney tente de sauver ses trésors

 

Pour sauver ses célèbres personnages des ravages du temps, le géant de l’animation a fait appel au Getty Conservation Institute, un organisme américain spécialisé dans la conservation d’objets anciens. Tom Learner, un représentant de l’institut, a indiqué que les planches en celluloïd sont « très sensibles à l’humidité, et dans un environnement trop sec, les peintures se décollent de la feuille et se mettent à craqueler ». « Ces matériaux sont instables, et il était difficile d’anticiper leur dégradation », a-t-il ajouté. Heureusement pour Disney, Learner aurait trouvé un moyen de conserver sans risques ce patrimoine. « Nous allons mettre les planches dans des chambres humidifiées, ce qui va permettre à la peinture d’adhérer à nouveau à la feuille. »

 

Toujours d’après Tom Learner, beaucoup d’autres studios jetaient les celluloïds, après que ceux-ci aient été photographiés. « Les dessins de Disney sont une ressource incroyable qu’il faut préserver. » L’année dernière, un celluloïd utilisé pour Blanche-Neige et les sept nains (1937), qui représentait la sorcière offrant la pomme empoisonnée à la princesse, avait d’ailleurs été vendu 10 500 livres (environ 11 800 euros) à un particulier. 

 

 

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