Il était une fois les Imagineers

Il était une fois les Imagineers, les visionnaires Disney

La bande-annonce est très prometteuse : « C’est un rêve qui est né à Anaheim et qui a fait le tour du monde ». Disney nous lève le rideau sur le monde de l’Imagineering, là où se rencontrent rêve, création et technologie. Pour tous les fans de l’Imagineering du monde entier, Disney+ nous offre, en exclusivité, un contenu inédit réalisé par Leslie Iwarks. Retour sur six épisodes où, dès l’introduction, nous sommes dans le bain, « Entre ces murs, l’imaginaire devient réalité ».

L’Imagineering est la filiale de création, conception et développement de l’entreprise. Les concepteurs de magie sont les Imagineers.

Episode 1 : L’endroit le plus joyeux du monde

Dès le début, Walt Disney se distingue par des projets novateurs. Il explique que l’idée d’un parc Disneyland lui est venue en voyant ses filles s’amuser, et il pensa qu’il fallait imaginer un endroit où toute la famille pourrait profiter ensemble. En 1952, il monte Wed Entreprises et recrute les meilleurs. Le terme est arrivé ainsi d’Imagineer : un mélange d’imagination et d’ingénierie.

Le premier parc d’Anaheim a été un réel défi. Il a l’idée d’une place centrale qui desservirait plusieurs mondes, notamment un autour du futur, un sur les dessins animés, puis un autre sur l’exploration. Tout part alors de maquettes en 3D jusqu’à l’élaboration du parc. Le 17 juillet 1955, le parc fait son inauguration. C’est un événement suivi par 83 millions de téléspectateurs.

Maquette du parc d’Anaheim en Californie

La presse critique car tout n’est pas prêt. Walt avait tout de même réussi son pari. Walt répond quant aux attractions non finalisées, que tant que l’imagination vivra, alors le parc vivra. Les Imagineers ont été invités à visiter le parc afin de voir quoi améliorer et comment y parvenir. On propose alors à Walt des attractions à sensations. Les Imagineers ont dû apprendre entre autres les physiques et la trigonométrie et très vite les audio-animatronics verront le jour, au sein de l’Enchanted Tiki Room.

Walt Disney ne travaillait pas au final, si l’on peut dire, mais il jouait et les Imagineers donnaient vie aux idées qu’il avait. La technologie grandissante va permettre aux animatronics d’exécuter de plus en plus de mouvements comme le témoignent les présidents américains dans l’attraction Hall of Presidents.

L’Imagineering est la rencontre entre « imagination créative et savoir-faire technologique ». Pirates of the Caribbean en est sans doute la plus belle illustration en plaçant les animatronics au cœur d’une narration. La barre est alors mise très haut en matière d’Imagineering.

Dans les années 60, les parcs à thème explosent, mais Walt a un ingrédient unique : la dimension humaine. Walt va acheter des parcelles en Floride. Initialement, il comptait créer une ville idéale. En effet, EPCOT devait se centrer autour des idées visionnaires durables du futur. Walt était exalté par ce projet. Malheureusement, il décline et demande à Roy de poursuivre ses projets. Walt nous quitte le 15 décembre 1966.

Walt Disney

Episode 2 : Que ferait Walt ?

Roy tristement dit que le leader était parti. Sans Walt, la direction souhaite rester créative mais la question est : qu’aurait voulu Walt ? Les Imagineers se concentrent alors sur de nouveaux prototypes d audio-animatronics. Sur le nouveau parc de Floride, la plupart des attractions seront des répliques du parc d’Anaheim. En revanche, il faudra aller au-delà. Walt Disney World ouvrira le 1er octobre 1971.

Tom Morris, Imagineer, aura l’idée de réfléchir à des attractions à sensation afin d’attirer un plus large public. Space Mountain fut construit en ce sens.

Concernant EPCOT qui était un projet de société utopiste de Walt Disney, il deviendra davantage un concept avec le dessein d’instruire les visiteurs.

Epcot

La créativité est alors à son comble avec des technologies innovantes et durables. Parmi les innovations, notons le Circarama avec 11 caméras reliées entre elles et synchronisés ! Le spectateur est immergé totalement à 360°. EPCOT fait une promesse, celle de faire le tour de monde de façon ludique.

Circle-Vision 360°, à l’origine Circarama, est le nom d’une technique de cinéma développée par Walt Disney

Walt disait « la qualité gagne toujours » et il serait très fier de ces innovations. `

Episode 3 : Les Rois Midas

En 1984, Michael Eisner, PDG de la société, et Franck Wells, président-directeur exécutif, viennent à la rencontre des Imagineers afin de les rassurer, après une vague de licenciements. Eisner, c’était le coté productif, et Wells, le coté affaires ; ils se complètent alors à merveille. Ils souhaitent que l’entreprise reste à l’image de Walt Disney et de sa créativité. En revanche, ils ne connaissaient rien à la branche Imagineering. Les Imagineers ont été oubliés pendant un temps et pourtant la direction elle-même voit l’Imagineering comme étant une branche essentielle à l’entreprise. Michael Eisner reconnaît que les parcs avaient besoin d’être modernisés.

Star Tours sera une révolution pour les Parc Disney. Ils vont créer une cellule fermée qui tangue sur un axe et qui reproduit les sensations des vols spatiaux.

La création de Star Tours

Lors de l’inauguration de l’attraction, l’engouement est tel que les visiteurs attendent 4 heures pour faire l’attraction, et le parc reste ouvert 60 heures d’affilée.

A cet époque, WED Enterprise devient Walt Disney Imagineering.

En 1989, Michael Eisner inaugure les Studios « Bienvenue dans un Hollywood n’ayant jamais existé et qui restera éternel ». Disney proposait de retrouver un Hollywood de l’âge d’or. Les Imagineers ont recrée une symbiose entre cinéma et réalité.

Tom Baxter, Imagineer, nous dévoile la création de Splash Mountain. Il s’agissait d’intégrer les personnages de « Mélodie du Sud » dans une montagne et de créer un parcours. Les bateaux buches seront lancés du haut d’une pente et il fallait redessiner sans cesse afin de ne pas immerger les embarcations. Une fois de plus, il a fallu allier créativité et technique.

Splash Mountain

Baxter explique qu’un Imagineer doit aussi réfléchir à ce qui donnera envie au visiteur de venir mais pas seulement, aussi d’y revenir encore et encore. Il analyse alors 3 éléments à respecter : être transporté dans un lieu qui n’existe qu’à Disneyland, ressentir des sensations fortes et enfin éprouver des émotions.

En 1990, Michael Eisner présente EuroDisneyland et les Imagineers sont à pied d’oeuvre! Michael Eisner demanada aux Imagineers d’être extrêmement minutieux afin de plaire au public européen. Concernant le château, entre autres, ils se sont inspirés des dessins de l’artiste Eyvind Earl et bien entendu de châteaux français. Les Imagineers furent appel aux talents des métiers d’art européens : tapisserie, vitraux, afin de mettre en avant des arts d’antan.

Une des nombreuses inspirations pour le château d’Eurodisney

Concernant Frontierland, ils ont voulu que Big Thunder Mountain soit au centre du Land.

Frontierland

Les Imagineers se penchent alors sur la version française de Tomorrowland. En France, il deviendra Discoveryland en compilant divers futurs. Une version intemporelle encourageant les découvertes. Les Imagineers s’inspirent notamment de dessins de Leonard de Vinci afin de concevoir l’Orbitron.

Discoveryland – Orbitron

En donnant un look rétro futuriste à Discoveryland, ils rendent hommage à Jules Verne. Dès le début, les plans incluent une version de Space Mountain, même si elle n’ouvrira qu’en 1995. Ils s’inspirèrent de l’histoire de la Terre à la Lune avec le procédé du canon de lancement vers l’Espace. Il a fallu créer un catapulteur avec le premier système audio synchronisé embarqué.

Pour la construction de la Hollywood Tower Hotel aux Etats-Unis, un système novateur sera mis au point par les Imagineers avec un ascenseur non seulement en vertical mais capable aussi de se déplacer à l’horizontale. Une vraie prouesse !

Les Imagineers apparaissent comme un groupe de savants déjantés qui testent et modifient sans cesse des prototypes.

Au sein de l’attraction Indiana Jones, les Imagineers sélectionnent les scènes du film les plus ambitieuses et les plus représentatives dans lesquelles on aimerait être plongé en tant que téléspectateur. Ce n’est pas recréer le film finalement, mais créer une pépite scénaristique à partir du film.

Franck Wells décède dans un accident d’hélicoptère en 1994. Eisner désormais seul aux commandes, cesse de gérer la création. Les Imagineers sont anéantis et la création passe au second plan en devenant davantage logique qu’artistique.

Episode 4 : Ça passe ou ça casse

La vague de renouveau arrive avec la Disney Cruise Line. Eisner a dit aux Imagineers de se pencher sur le design des bateaux.

Disney Cruise line
Disney Cruise line

En 1993, les Imagineers conçoivent le projet de parc Disney’s America sur le thème de l’histoire américaine. Ce parc était imaginé comme une façon ludique d’apprendre l’histoire. Ce projet ne vit jamais le jour notamment à cause de sa localisation à proximité d’un site historique.

Le projet Disney’s America

Vient alors l’idée d’Animal Kingdom, 4ème parc de Floride, sous la supervision de l’Imagineer Joe Rohde. Disney fait appel à des zoologistes afin que cela se déroule au mieux. C’est un nouveau défi car un véritable écosystème va être recréé. L’équipe s’embarque dans des voyages de recherche en Afrique et en Asie et s’inspire des palettes de couleurs, des détails architecturaux et d’objets des 4 coins du monde. Les Imagineers aménagent des zones d’ombre et de confort afin que les animaux soient visibles au passage des visiteurs. Ils créent aussi un laboratoire de recherche où les visiteurs en apprennent plus sur les soins apportés aux animaux. Disney a donc voulu que les animaux se sentent dans leur environnement naturel.

Safari au cœur de Animal Kingdom

Se posera la question à savoir comment incarner la Californie au sein du California Disney Adventure Park. Il fallait donner envie aux visiteurs de rester plus d’une journée et donc de créer des hôtels et un véritable village autour. Finalement ce sera une vision de la Californie avec un parc dont la structure sera très différente des parcs déjà implantés.

Un parc de qualité prend du temps et de l’argent. En 1997, Hong Kong devient indépendant et les Imagineers y voient l’occasion d’y créer une nouvelle vision et occasion de redorer leur blason. Difficile d’implanter un produit 100 % américain à l’étranger. Il va falloir faire appel au Feng Shui pour la création de ce parc. Les Imagineers respectent donc les valeurs Feng Shui ainsi qu’une restauration adaptée à ce public mais l’ouverture ne se passe pas comme prévue. La plupart des visiteurs passent un moment mais repartent sans y séjourner. Tom Baxter explique que de créer un parc à bas cout finalement c’est moins facile de s’en relever, que de faire les bons choix depuis le début.

Episode 5 : Un Carrousel du progrès

« Ne jamais reproduire ce qui n’a pas marché » Bob Iger, alors PDG en 2005, remarque que le succès se porte davantage sur les personnages PIXAR car Disney a accumulé les mauvais films. Bob Iger va donc négocier l’achat de Pixar.

En parallèle, les Imagineers vont remettre en avant les classiques Disney et naitra alors ce légendaire spectacle sur l’eau qu’est Walt Disney World of Color avec jets d’eau et projections.

Word of Color
Word of Color Disney California Adventure

Le parc California Adventure montrera que la qualité attire les visiteurs, notamment avec Toy Story Mania et Cars Land. Bob Iger rachète des franchises telles que Marvel et Star Wars. C’est le début d’une nouvelle ère car Disney devient non seulement pour les enfants, mais aussi développe des franchises pour les parents. Cela ouvre pour les Imagineers une fenêtre créative immense.

La mapping vidéo prend naissance et cette technique accompagnera les attractions autant que les spectacles. Le rôle de l’Imagineer est donc d’être aussi désormais à la pointe de la technologie.

En 2012, les Imagineers sont satisfaits de la réussite de l ‘Asie et se tournent vers Paris. L’attraction Ratatouille combinera système trackless et écran en 3D. Il a fallu du temps pour trouver l’équilibre entre 3D et décors réels car l’illusion devait être parfaite afin de se sentir acteur du film.

Le système trackless dans Ratatouille (sans rail)

Tom Morris conclue cet épisode sur le fait que les parcs ne vieillissent pas (comme moi d’ailleurs !).

Episode 6 : Vers l’infini et au-delà

Derrière la magie des parcs, il y a bien sur énormément de travail en amont. Le parc de Shanghai va nécessiter de trouver le bon équilibre entre traditions chinoises et Disney. Les Imagineers vont retirer toutes les références aux USA, notamment Main Street. Ils conçoivent aussi le château le plus haut de tous. Les Imagineers vont plancher sur le film TRON pour créer une attraction se mariant parfaitement avec la culture urbaine de Shanghai.

Tron Lightcycle Power Run à Shanghai Disneyland

Les Imagineers passent en permanence de la vue d’ensemble au détail le plus infime. Trois jours avant l’ouverture, le parc est encore envahi d’échafaudages et il restait beaucoup à faire. Tout devait être parfait pour l’ouverture car Disney vend avant tout du bonheur. Pour un coût de 5,5 milliards de dollars, le parc ouvre ; les Imagineers ont réussi leur pari. Les chiffres de fréquentation dépassent les espérances. Bob Weiss devient président de l’Imagineering.

Retour sur la création de l’attraction Avatar aux Etats-Unis. Il fallait d’abord savoir si créer une attraction autour de ce film était réalisable. Les Imagineers ont décidé que le monde de Pandora s’intégrerait parfaitement dans Animal Kingdom. Chaque pièce de la structure est placée à un endroit bien précis et le système de mapping permet de projeter des vagues lumineuses.

Pandora – The World of Avatar de nuit

La création de Galaxy’s Edge a posé beaucoup d’interrogations aux Imagineers. Ils ont décidé de se concentrer sur les émotions et pas d’en faire une adaptation linéaire de la saga. En assemblant une multitude de croquis originels des films, ils sont arrivés à un compromis unique mêlant mystère, histoire et science-fiction. Les Imagineers ont tout imaginé de l’architecture, aux costumes en passant par la bande-son ainsi que les odeurs.

maquette de Star Wars: Galaxy’s Edge

L’attraction phare « Rise of the Resistance » (que je rêve de faire et pourquoi pas imaginer sa venue dans notre version du Galaxy’s Edge à Paris !) est l’attraction la plus complexe jamais conçue par les Imagineers ; mêlant embarcations trackless capables de monter et descendre, et animatronics dernier cri.

Ce dernier épisode s’achève sur les évolutions à venir et notamment les audio-animatronics Marvel comme Spiderman, qui sera capable de voler littéralement d’un bâtiment à l’autre au-dessus des visiteurs.

En conclusion

Au terme de 6 épisodes d’environ 1 heure chacun, il apparaît que les Imagineers de demain devront sans cesse se surpasser car tant que l’imagination sera au rendez-vous, les possibilités seront infinies. L’Imagineer doit percevoir et faire ressentir des émotions. En bref, si vous êtes abonné Disney +, ne passez pas à côté de cette série de reportages !

Points PositifsPoints négatifs
une immersion totale dans le monde des Imagineers jusqu’alors plutôt inconnudes explications parfois décousues
des reportages et images exclusivesdes épisodes pas forcément égaux en termes de contenu
un contenu Disney + originalde nombreuses redites
un tour du monde de tous les parcs DisneyPas assez d’épisodes
Certains moments trop survolés
Kinai
Disney et moi, c’est une longue histoire d’amour. Je suis tombé dedans petit, et je n’en suis jamais ressorti. Du cinéma aux parcs d’attractions, en passant par l’histoire de Walt Disney Company, jusqu’aux BD, tout me passionne.