• 4 juillet 2020

Space Mountain – La plus grande histoire de la galaxie

Votre destination : L’espace infini
Votre vitesse : Astronomique
Votre type de rencontres : Des astéroïdes
Entre la Terre et la Lune commence… L’Aventure !

Concept art de DiscoveryLand
Concept Art de Discoveryland

De Discoveryland

Nous sommes à la fin des années 80. Disneyland Paris, alors EuroDisney, n’est encore qu’une vaste étendue de terre fraîchement retournée aux portes de Paris.
Pendant ce temps, en Californie, à Glendale pour être précis, quelques-uns des meilleurs Imagineers de l’histoire de Walt Disney Imagineering travaillent d’arrache-pied pour concevoir le plus beau parc à thèmes jamais créé sous la direction de Tony Baxter.

Tim Delaney, en charge de concevoir Tomorrowland, se creuse la tête car il fait face à une double problématique :
D’un côté, Tomorrowland a toujours été un Land à problèmes pour les Imagineers. La difficulté de se projeter dans l’avenir est qu’il change constamment, du coup Tomorrowland a besoin d’être très (trop) régulièrement mis à jour.
De l’autre, le gouvernement français a imposé à Disney de présenter un parc rendant au moins un hommage à la culture française.

C’est ainsi que, cherchant une idée, il tombe sur un ancien projet jamais réalisé pour Disneyland : Discovery Bay. Un Land rendant hommage au monde tel qu’imaginé par Jules Verne, un auteur français !
Il n’en fallut pas plus pour que son Tomorrowland se concentre non pas sur le futur, mais sur les futurs vus par différentes époques et en particulier celle de la fin du XIXe siècle et donc de Jules Verne !

Discoveryland était né.

Concept Art de Discovery Bay

De Discovery Mountain – Tome 1

Maintenant que Tim avait un Land, il fallait bien évidemment lui donner un emblème, ou Weenie en langage Disney. Dans les autres Parcs, les Astro-Jets ont rempli cette fonction des années 50 aux années 70, avant d’être dépassés par un emblème encore plus majestueux : Space Mountain.

Discoveryland suivrait donc le même chemin. Les limitations budgétaires et les choix de priorités faisant. Dans un premier temps Discoveryland aurait donc en son centre Orbitron. Une réinvention des classiques Astro-Jets basée sur la vision du système solaire par Leonardo Da Vinci.
Mais Tim n’en oublie pas pour autant que Space Mountain finira bien par pouvoir sortir de terre et que son Discoveryland aura donc besoin d’une version totalement repensée.

Se rappelant que le climat parisien n’est pas réputé pour être le plus doux et agréable qui soit, il imagine reprendre la forme iconique du bâtiment de Space Mountain et créer un dôme gigantesque qui recouvrirait plus de la moitié du Land, et d’où nous pourrions accéder par différents tunnels et passages couverts aux autres espaces pré-existants comme Vidéopolis, Star Tours ou Captain EO.
Un dôme qui aurait donc fait pas loin de 100 mètres de diamètre !

Celui-ci aurait rappelé la forme d’un volcan, dont on retrouve les traces parmi les structures rocheuses qui parsèment toujours le Land à ce jour, et son centre aurait été intégralement dédié à l’univers de Jules Verne.
Ainsi plusieurs éléments inspirés de romans comme « 20 000 Lieues sous les Mers », « Voyage au Centre de la Terre » et bien entendu « De la Terre à la Lune », y auraient été établis.

Mais cette idée, aussi géniale soit-elle, s’avérera finalement impossible à concrétiser. Discovery Mountain aurait été si énorme qu’il aurait littéralement supplanté tout le reste du Parc et les nombreuses difficultés d’ingénierie auraient littéralement fait exploser le montant de la construction.

Tim allait donc devoir revoir sa copie pour la rendre réalisable.

Concept Art de l’intérieur de Discovery Mountain

De Discovery Mountain – Tome 2

Tim et son équipe commencèrent donc par redonner à la montagne une taille plus raisonnable. Fini le Land à moitié couvert et le « Voyage au Centre de la Terre », Discovery Mountain n’abritera plus qu’une seule et unique attraction reprenant les fondamentaux des autres Space Mountain et proposera donc un grand huit inspiré de « De la Terre à la Lune ».

Mais tout ne fut pas perdu au passage. La lagune devant servir d’écrin au Nautilus fut déplacée et mise à ciel ouvert au pied de la montagne, et plutôt que de proposer un restaurant haut de gamme, les invités pourront se promener à pied dans une reconstitution du sous-marin de « 20 000 Lieues sous les Mers » tel qu’on pouvait le voir dans le film Disney.

Avec seulement une unique attraction, Discovery Mountain devrait néanmoins dépasser toutes les attentes et avec une source d’inspiration comme le roman de Jules Verne, il y avait de quoi faire !

Ainsi, suivant l’exemple de l’attraction Indiana Jones et le Temple du Péril, Discovery Mountain inclurait des inversions tout au long de son parcours au milieu d’un champ d’astéroïdes pour ce voyage aller-retour jusqu’à la Lune.
3 pour être précis : un looping, une vrille et un fer à cheval. Un record pour un parc à thèmes Disney !

Trop effrayant pour de nombreuses familles ? Point d’inquiétude, un chemin, nommé la Voie Stellaire, fut ajouté pour permettre aux gens de découvrir l’intérieur de la montagne et observer les trains voltigeants entre les astéroïdes.

Mais les Imagineers ne s’arrêtèrent évidement pas là. Le fabuleux canon géant Columbiad étant l’essence même du roman de Jules Verne, il était impensable de ne pas lui donner vie.
C’est ainsi qu’ils se tournèrent vers les ingénieurs de Dassault, spécialisés dans les systèmes de décollage d’avions sur porte-avions pour concevoir une variation de leur technologie permettant à un train de s’élancer à toute vitesse sur une pente inclinée. Une première mondiale qui saura marquer les esprits et l’imagination de millions de personnes.
Côté mise en scène, les Imagineers redoublèrent d’inventivité. Le canon aurait de nombreux éléments mobiles et effets spéciaux pour simuler de la façon la plus vraisemblable possible le chargement et la détonation du canon.
On pourra citer par exemple la culasse qui s’ouvrait pour voir le train se mettre en position, les engrenages (dont un orné d’un soleil doré) qui tournaient pour simuler le chargement et bien évidemment le mouvement de recul de la partie avant du canon accompagné de l’expulsion d’une épaisse fumée au son d’un BOUM audible de très loin pour rendre l’instant de la détonation aussi mémorable que possible.

Mais il manquait encore quelque chose. Une aventure aussi épique méritait bien une bande-sonore d’exception. Steve Bramson composa donc une pépite musicale que l’on pourrait entendre de façon synchronisée avec le parcours.
En pleins balbutiements de l’ère numérique, ce fut une véritable prouesse technologique qui nécessita un test grandeur nature effectué préalablement sur une autre attraction : Casey Jr. – Le Petit Train du Cirque.

Sur le papier, Discovery Mountain avait enfin tout pour être une attraction d’exception aussi unique qu’inoubliable et qui était enfin financièrement et techniquement réalisable.

Ad Luna in Flamma Gloria !

De Space Mountain

Les débuts d’EuroDisney ont été loin, très loin, d’être aussi idylliques que The Walt Disney Company l’avait imaginé. D’aucuns diront même qu’ils ont été catastrophiques.

Pour sauver le Parc, un vaste plan de réajustement fut mis en route. Mais il fallait quelque chose d’unique et jamais vu en guise de bouquet final qui permettrait à EuroDisney, alors sur le point d’être rebaptisé Disneyland Paris, d’enfin trouver le succès.
C’est ainsi qu’à l’inverse de nombreux projets qui ont fini leur vie au fond d’un carton, Discovery Mountain obtenu le feu vert pour sa construction.

Le chantier fut titanesque et changea profondément la silhouette du Parc. À l’été 1994, l’attraction Les mystères du Nautilus ouvrit ses portes, mais tous les regards étaient déjà tournés vers le 1er Juin 1995 et l’arrivée de Discovery Mountain.

Mais à la fin 1994, l’histoire de Discovery Mountain allait prendre un tournant majeur. Michael Eisner, alors CEO de The Walt Disney Company, décida que Discovery Mountain n’était finalement pas un nom adapté pour l’attraction, craignant que l’utilisation du terme Découverte ne soit pas à la hauteur de l’intensité de la future aventure et ne soit trop connoté musée.
À l’inverse donc de Haunted Mansion devenu Phantom Manor à Paris, Discovery Mountain fut rebaptisé Space Mountain pour s’aligner sur les succès de ses illustres prédécesseurs.

C’est ainsi qu’au soir du 31 Mai 1995, après un spectacle grandiose devant un parterre de célébrités venues du monde entier, s’ouvrit Space Mountain / Le Mont de l’Espace – De la Terre à la Lune.

Cérémonie d’Inauguration

De la plus grande aventure de la galaxie

L’aventure commence dès l’enseigne, flanquée de 2 canons dorés et surmontée d’une petite Lune autour de laquelle tourne un train. Devant vous, le Columbiad dans toute sa majesté, catapulte 24 passagers en direction de la Lune toutes les 36 secondes.

Après avoir pénétré dans la montagne par un petit passage discrètement aménagé sur son flanc, une vue imprenable sur des flèches jaunes qui voltigent autour de grands astéroïdes bleutés battus par une pluie de petits astéroïdes rouges.
Ce n’est qu’après quelques secondes que vous comprenez qu’il s’agit des trains.

Après être passé à proximité d’une étrange machine broyeuse d’astéroïdes de la Blue Moon Company, vos pas vous mènent devant l’Electro de Velocitor. Une machine bruyante parcourue d’éclairs électriques qui permettent aux trains de revenir sur Terre sans encombre à la fin de leur voyage.

« Ad Luna in Flamma Gloria ! » que l’on peut traduire en « Vers la Lune dans un flamboiement de gloire ! ». C’est avec ces mots que vous pénétrez dans la gare où s’enchaînent les trains, au son des détonations régulières du Columbiad.
L’excitation et l’appréhension ont juste le temps d’atteindre leur paroxysme que vous êtes déjà installés. En route pour la Lune !

Les cuivres résonnent dans vos oreilles, une courte descente et vous voilà au bas du canon. Les percussions se font plus insistantes alors que vous êtes rapidement acheminés en position de catapultage. La tension est palpable, c’est bientôt l’instant tant attendu du départ.

Soudain, les basses explosent à vos oreilles, vous voilà collés au dossier de votre siège, en route pour la Lune !

La clarté du jour laisse place au noir de l’espace, dans une lenteur bien illusoire vous vous approchez du champ d’astéroïdes. Vous en manquez un premier de peu en faisant un looping qui vous fait traverser la machine de la Blue Moon Company aperçue plus tôt.
Pas le temps de souffler, cette perturbation vous fait percuter MOM, la Mother of Meteroites, mais rien ne vous empêchera d’atteindre votre objectif.

Vous replongez alors entre les astéroïdes, la Lune est maintenant toute proche. Le temps de traverser une vrille et la voilà qui vous accueille avec le sourire. Il ne pouvait en être autrement, il s’agit de la Lune telle que le cinéaste George Méliès l’avait dépeinte.
Mais votre train ralentit beaucoup trop.

Le temps de comprendre que jamais vous n’arriverez à l’atteindre que votre train replonge de plus belle pour votre voyage retour. La vitesse devient astronomique, les virages serrés s’enchaînent jusqu’à la dernière inversion qui vous fait frôler plusieurs astéroïdes.

Vous voilà entourés de rais de lumière vive, vous rentrez à pleine vitesse dans l’atmosphère terrestre. Une catastrophe vous attend au bout du chemin ?
C’est dans un grand fracas que votre train ralentit subitement, marquant presque un arrêt complet. Vous venez de pénétrer dans l’Electro de Velocitor.

Et c’est accompagnés d’une joyeuse mélodie célébrant votre retour que vous retournez lentement à votre point de départ. Vous avez survécu à la plus grande aventure de la galaxie, de la Terre à la Lune !

Concept Arts de la plus grande aventure de la galaxie
Jeff

Jeff

Fondateur et actuel General Manager de ED92, je suis tombé amoureux de Disneyland Paris lors d'une visite du Preview Center en 1991. Depuis, j'ai nourri ma passion en apprenant tout ce que je pouvais de son histoire, de ses secrets et de son fonctionnement. Un savoir, pour ne pas dire une expertise, que je partage aujourd'hui avec vous.

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