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Eurêka! – La sécurité des attractions : Les équipements

Eurêka! – La sécurité des attractions : Les équipements

 

 

 

[L’article suivant ne contient en aucun cas des informations internes à Disneyland Paris : les principes exposés s’appliquent à la majorité des attractions modernes dans la majorité des parcs d’attractions du monde. Par ailleurs tous les documents présentés sont réalisés par mes soins ou parfaitement disponibles sur internet.] 

LES EQUIPEMENTS

 

Aujourd’hui dans Eurêka nous continuons notre immersion dans les principes de sécurité d’une attraction. Si vous n’avez pas lu la partie 1, je vous la conseille fortement. Mais aujourd’hui, on arrête la théorie, on arrête (presque) de parler d’ordinateur et de logique informatique, préparez vos outils, on va toucher aux équipements de sécurité. De la bonne mécanique, des moteurs, des roues, des mécanismes plein d’huile, des boulons et autres joyeusetés. Nous allons passer en revue quelques grand classiques du domaine. Rien de vraiment compliqué lorsqu’on se penche un peu dessus, mais néanmoins très intéressant ! (Si si je vous jure, partez pas)

 

LES FINES (Prononcez à l’anglaise)

Avant toute chose, je me dois de vous présenter un élément clef pour tout ce qui va arriver ensuite. C’est un objet tout bête et pourtant utile dans de nombreuses situations. Je veux vous parler des fines (en anglais, pour toi qui n’as pas lu le titre). Les fines sont d’étroites plaques métalliques (en général d’aluminium) situées sous chaque wagon d’un train de montagnes russes, comme vous pouvez le voir sur le schéma. En général, vous ne pouvez pas les voir, et c’est bien normal vu leur emplacement.

 

 

 

 

Leur but est simple : si vous placez une pomme sur la voie, cette lame la coupera parfaitement quand le train passera. Même si c’est une théorie intéressante, ces fines ne servent pas à faire la cuisine, mais à plein de belles choses que nous verrons par la suite, alors ne les oubliez pas … au moins pour quelques secondes.

 

LES BOOSTERS

 

C’est bon ? Bien. Parce qu’on va les utiliser de suite. Imaginez, vous êtes dans la gare d’une montagne russe quelconque (Space Mountain, Rock…), vous êtes assis, vous avez baissé votre harnais et les opérateurs s’apprêtent à envoyer le train. Et là, par un miracle inexpliqué, le train avance. Bon, certes, rien de palpitant je vous l’avoue, la plupart d’entre vous auront remarqué la présence de roues, avec des pneus sur les rails de la gare. Et bien on appelle cela desconvoyeurs, ou parfois des boosters. Il ne sont pas présents que dans la gare, mais partout où le train a besoin d’aide pour avancer ou repartir après un arrêt. Il y a 2 situations. Soit ces roues sont disposées à la verticale, et donc elles entraînent directement le bas du train, soit elle sont à l’horizontale, et là notre amie la Fine va nous servir !

 

 

 

 
 

Vous voyez ici les rails vus de haut. Nous avons ici 2 roues à l’horizontale, avec leur moteur situé en dessous. Vous voyez qu’elles sont centrées, et qu’elles présentent un petit espace. Juste l’espace pour faire passer les fines du train. Ainsi les roues « poussent » sur les plaques, et font avancer le train. Je fais néanmoins une petite parenthèse. Big Thunder Mountain est l’une des rares montagnes russes à ne pas utiliser ces boosters à roues. Il utilise des LSM (voir Eurêka1 : les LSM) pour quitter la gare.

 

LES CAPTEURS

Vous avez peut être remarqué un autre élément. Oui, c’est ça petit malin, cette boite verte. Et bien c’est un capteur ! On en a déjà parlé, les capteurs permettent de savoir quand un train passe. Dans le domaine des coasters il en existe 2 types : les capteurs optiques, qui forment un faisceau de lumière (laser ou infrarouge) entre un émetteur, et un récepteur. En temps normal, le récepteur reçoit la lumière de l’émetteur. Lorsqu’un train passe, les fines « coupent » le faisceau de lumière : le récepteur ne reçoit plus rien, il envoie donc un signal au RCS (un vieil ami) pour lui dire « EH, le train 2 il vient de passer chez moi ! » « Okay bien reçu merci ! » « Tu fais quoi ce soir ? » … Bref, vous avez compris. Ensuite il y a le capteur inductif qui est un peu plus compliqué. Il crée un champ magnétique, qui est perturbé par le métal. Quand les fines passent, il détecte ce changement, et envoie lui aussi son message au RCS. Les deux capteurs sont utilisés, mais le magnétique est le plus répandu, puisqu’il n’est pas gêné par la fumée ou l’eau, contrairement à l’optique. 

Alors pourquoi est-il là sur ce schéma ? C’est simple. La plupart des équipements possèdent un capteur en amont, pour signaler au RCS d’activer l’équipement, et pour vérifier ensuite qu’il a bien fonctionné. Ainsi, quand le train arrive sur une zone de freins on le voit, on active les freins au bon moment, puis on s’assure que la vitesse du train a bien diminué, ce qui nécessite plusieurs capteurs.  

 

TIENS, EN PARLANT DE FREINS

Tout s’enchaîne tellement parfaitement qu’on me soupçonnerait presque de le faire exprès. Alors les freins. Personne ne doute que c’est certainement le point le plus important de la sécurité de ces attractions, c’est pourquoi je vais bien détailler les choses. Ils permettent de ralentir un train quand il va trop vite, de l’arrêter quand il faut, et de le bloquer pour qu’il ne bouge plus quand vous embarquez. Et vous savez quoi ? Il utilise lui aussi nos fines ! Il existe des freins magnétiques, sans contact, qui permettent de ralentir un train de manière très douce (mais pas de l’arrêter précisément), mais ils ne sont pas très répandus à Disney. Nous allons donc parler des freins qui étaient installés partout avant le magnétique, et qui restent un standard : les fine brakes, ou encore friction brakes (freins de friction).  

 

 

 

 

Ils sont aussi situés au centre de la voie, constitués de deux éléments de part et d’autre du trajet des fines. Au départ, il y a pile la place pour les fines de passer sans rien toucher, mais lorsque l’on veut ralentir ou arrêter un train, on serre ces deux éléments entre eux, et donc contre les fines. Tout cela frotte alors, et le train est ralenti. C’est au final comme les freins de votre vélo : des patins serrent la roue pour la freiner, sauf qu’ici on serre des plaques droites. Pour ralentir un train, on serre pendant un temps précis et programmé, lorsqu’on veut arrêter complètement et bloquer un train, on serre jusqu’au moment de repartir. Mais il faut une grande force pour freiner un train qui va vite avec cette méthode, il faut plus que le pincement de la pince à linge que vous utilisez pour étendre vos vêtements, alors on utilise un vérin pneumatique !

 

 

 

 

Un vérin pneumatique est un élément qui fait sortir une tige métallique avec une certaine force, en utilisant de l’air comprimé. Il est constitué d’un gros cylindre, d’une tige, et d’une paroi qui sépare le cylindre en deux à l’intérieur. En position initiale, notre frein est ouvert. Lorsqu’on veut le fermer (avec force !), on envoie très vite de l’air comprimé dans la chambre de droite. L’air pousse la paroi et la tige avec. Par conséquent la tige entre dans le vérin, entraînant une barre et un système mécanique qui ferme les freins. Lorsque l’on veut relâcher le tout, on ouvre le circuit de la chambre que l’on vient de remplir pour que l’air s’échappe, et un ressort situé dans la chambre opposée fait ressortir la tige, donc ouvre le frein.

 

UNE ZONE DE FREINS

 

Voilà, vous connaissez les éléments principaux d’une zone de freins : des freins, bien sur, et des boosters pour faire repartir le train lorsqu’il s’arrête. Pour vous prouver que je n’ai pas menti, voici une capture d’écran de No Limits 2 (un logiciel de simulation de montagnes russes). Vous voyez que plusieurs freins et plusieurs boosters sont alignés, pour couvrir toute la longueur du train, et que tout est aligné pour faire passer les fines.

 

 

 

 

LES LIFTS A CHAINE

 

Vous en avez déjà marre, si tôt ? Et bien pas moi ! Vous savez faire partir un train de la gare, le freiner, et maintenant comment vous faites, hein ? Vous devez monter pour faire votre circuit ! Et pour ça, on utilise un lift à chaîne dans beaucoup d’attractions (Big Thunder Mountain, Indiana Jones, Crush Coaster …). Il permet de faire monter un train sur une pente à vitesse lente. Le train arrive, et s’accroche à une longue chaîne (en bleu sur le schéma) qui circule dans un circuit de gaines (tout le long de la pente au centre des rails, puis en dessous pour retourner au moteur qui la fait tourner). Il est tracté par cette chaîne jusqu’en haut, puis se détache pour faire son parcours. « Mais tu veux dire qu’on utilise pas les fines ?! » Et oui Jamy, elles ne servent à rien ici. On utilise des sortes de crochets pour agripper la chaîne. Et la sécurité dans tout ça ?  
Et bien si la chaîne casse, où si on arrive pas à s’accrocher à la chaîne, il faut bien quelque chose pour empêcher notre train de repartir en arrière, et on appelle ça les anti-rollbacks (ou anti-retour). Ce sont des sortes de créneaux disposés le long de la pente. Ils sont en forme de triangle : ils présentent une pente, puis une face droite. Sous le train (en rouge sur le schéma), il y a un crochet de forme similaire mais dans l’autre sens. Il se rétracte, poussé par la pente de l’anti-rollback, puis ressort brutalement après la face plate. Si le train venait à repartir en arrière, le crochet s’arrêterait contre une des faces droites, bloquant ainsi le train.

 

 

 

 

 

 

 

LES BOGIES

 

Courage, c’est la dernière ligne droite ! Cette fois on va évoquer les roues des trains de montagnes russes. Nous ne sommes pas sur une voiture où 4 roues suffisent, ici, il y en a plein. Chaque wagon possède 4 bogies . Les bogies sont des groupes de plusieurs roues, disposés dans plusieurs sens. Vous en voyez un sur le schéma. Ici il y a 6 roues (donc 24 pour 1 wagon, avec plusieurs wagons par train). Deux roues que je qualifierais de « normales », car elles sont les plus logiques à comprendre : elles sont au dessus du rail et supportent directement le wagon. Mais il y en a également 2 sur le coté ! Notre train prend des courbes et subit des forces qui le poussent sur les cotés. Pour qu’il ne déraille pas, on place ces roues sur les cotés du rail : le train ne peut pas en sortir. Et pour finir, il y en a 2 en dessous. Lorsque le train passe sur des bosses, ou des inversions (loopings), il a tendance à vouloir se soulever, ou tomber vers le bas. Ces roues permettent donc de le bloquer.

 

 

 

 

THE END

Et voila, c’est fini pour cette énorme édition de Eurêka qui aura demandé beaucoup de travail, si vous avez réussi à me supporter jusqu’au bout, je vous en félicite,  et vous remercie par avance de me donner votre avis, et éventuellement de poser vos questions. A la prochaine !

N.B : Le mot fine est en réalité une déformation française utilisé du mot fin

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