Alice au Pays des Merveilles

Vous prendrez bien une tasse de thé ?

Fiche technique de Alice au Pays des Merveilles

Alice au Pays des Merveilles est le 17ème long-métrage d’animation et le 13ème « Classique d’animation » des Studios Disney.

Il est inspiré du roman intitulé “Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles” de Lewis Carroll publié en 1865 (« Alice’s Adventure in Wonderland » en anglais).

– Production : Walt Disney Pictures,

– Titre original : Alice in Wonderland

– Titre français : Alice au Pays des Merveilles

– Sortie originale :

  • le 26 juillet 1951 – Première mondiale à New York
  • le 28 juillet 1951 – Sortie nationale

– Sortie française : 21 décembre 1951

– Durée : 75 min

– Réalisation : Clyde Geronimi, Wilfried Jackson et Hamilton Luske

– Compositeur : Oliver Wallace  

AFFICHE DU FILM ALICE AU PAYS DES MERVEILLES – 1951

Naissance et production de Alice au Pays des Merveilles

La seconde guerre mondiale et plusieurs autres raisons obligent Walt Disney à repousser la sortie de projets de grande envergure tels que Cendrillon, Peter Pan et Alice au Pays des Merveilles, dans les années 50. 

Le contexte complique la chose puisqu’il fallait réussir à être rentable en produisant des films à faible coût.

Mais Walt Disney vouait un véritable culte à l’œuvre de Lewis Carroll et tenait véritablement à produire cette adaptation. Il avait pourtant réalisé de 1923 à 1927, une série de courts métrages intitulée « Alice Comedies » mêlant prises de vues réelles et animation. 

Mais son ambition et sa détermination le poussent à aller plus loin avec ce film qui lui donnera pourtant du fil à retordre… L’œuvre est en effet difficile à adapter.

D’abord, c’est une œuvre garnie de jeux de mots et de tirades humoristiques intraduisibles dû à sa « British Touch ».

Ensuite, l’histoire est très décousue, il s’agit d’une succession de scènes n’ayant aucun lien entres elles, ce qui cadre mal avec la narration linéaire traditionnelle du cinéma. Il n’y a aucune progression logique des évènements.

Plusieurs scénarii émanent des studios, faisant passer quelques nuits blanches à Walt Disney. Initialement, il voulait faire un film en prises de vues réelles avec des scènes d’animation, tout comme la série Alice Comedies, mais la complexité du projet le fait se raviser et il décide finalement de produire un long-métrage exclusivement animé.

Les illustrations de Sir John Tenniel (connu pour avoir entre autres illustré l’œuvre de Carroll), sont prises pour modèles pour le film, mais ne conviennent pas au format cinématographique. Disney demande donc à les modifier, les mettre en couleur et fait appel à Mary Blair, notamment connue pour avoir participé aux films latino-américains « Saludos Amigos » et « Les Trois Caballeros ». Sa technique consiste à utiliser les couleurs primaires. Elle simplifie les traits des dessins et des décors, nous donnant une impression d’entrer dans un monde irréel.

Majoritairement dans les films, il y a un ou deux personnages principaux qui sont au centre de l’histoire. Or, dans Alice au Pays des Merveilles, il y a bien sûr : Alice en personnage principal et une pléiade de personnages secondaires (très) hauts en couleurs. Cette abondance de personnages secondaires renforce les différentes scènes qui défilent et fait presque passer Alice au second plan de l’histoire. Alice incarne un certain « fil conducteur » faisant progresser l’histoire au fur et à mesure de ses rencontres incongrues.

Disney dû trancher pour n’utiliser qu’une vingtaine de personnages pour son film alors que l’œuvre originale en compte environ 80.

lE lAPIN BLANC – ILLUSTRATION DE JOHN TENNIEL

Synopsis de Alice au Pays des Merveilles

Alice et sa sœur se trouvent dans un beau jardin britannique. Cette dernière lui faisant la lecture de sa leçon d’histoire.

Mais Alice ne voit pas l’utilité de l’écouter et s’amuse avec son chat Dinah.

L’aînée s’en aperçoit et la réprimande. Alice n’en tient pas compte et se mit à rêver d’un monde fait de divagations.

Plongée dans ses pensées, c’est alors qu’elle vit passer devant elle un lapin blanc avec une veste… Haaan ! Et une montre !?

Le lapin blanc bondissait à toute allure en criant à qui voulait l’entendre qu’il était en retard.

« Ce lapin est en retard pour quoi faire ? » se dit-elle.

Piquée par la curiosité, elle ne peut s’empêcher de le suivre à travers le terrier par lequel il s’est faufilé.

C’est alors qu’elle chute et dévale à toute vitesse au fond du terrier, ouvrant la porte sur un monde dicté par l’imaginaire, l’absurde et l’absence totale de logique…

Cette aventure rythmée par des rencontres plus loufoques les unes que les autres vous fera sans doute perdre la tête !

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES – 1951 / SCENE TIREE DU FILM D’ANIMATION

Accueil du film et actualités autour de Alice au Pays des Merveilles

Si aujourd’hui Alice au Pays des Merveilles est un classique intemporel, il n’en fût pas toujours ainsi.

A sa sortie, le film est assassiné par la critique anglaise qui accuse Walt Disney d’avoir pris trop de libertés avec l’histoire originelle. L’utilisation de dérivés des illustrations de John Tenniel n’est pas plus appréciée.

Le public se laisse malheureusement convaincre par la critique et boude les salles, ce qui entraine une perte d’un million de dollars. C’est un gros coup dur pour Disney.

Les studios décident, de manière inédite, de déprogrammer Alice au Pays des Merveilles des ressorties régulières en salle pour le diffuser à la télévision.

Le film bénéficie tout de même d’une nomination à l’oscar de la meilleure musique de film en 1952.

Dans les années 60, le mouvement hippie se passionne pour ce film et lui permet de redorer son blason. Au printemps 1974, la ressortie du film est programmée au cinéma et le public est au rendez-vous.

En maître de l’absurde et du loufoque, Tim Burton se réapproprie l’œuvre de Lewis Carroll et réalise un film : Alice au Pays des Merveilles sorti en 2010. Il se présente comme une suite au film d’animation de Disney.

AFFICHE DU FILM ALICE AU PAYS DES MERVEILLES – 2010

Une suite est réalisée par James Bobin en 2016 intitulée : Alice de l’autre côté du miroir. Il s’inspire du livre « De l’autre côté du miroir » écrit aussi par Lewis Carroll datant de 1872, qui fait lui-même suite au livre « Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles » du même auteur. 

AFFICHE DU FILM ALICE DE L’AUTRE CÔTE DU MIRROIR – 2016

Les parcs Disney aussi nous replongent dans le monde fantastique d’Alice avec plusieurs attractions :

  • Mad Hatter’s Tea Cups ou Mad Tea Party selon les parcs. Cette attraction est présente à Anaheim, Tokyo, Paris et Hong Kong.
  • Alice in Wonderland à Disneyland à Anaheim.
  • Alice’s Curious Labyrinth à Disneyland Paris. Une autre version de cette attraction a ouvert à Disneyland Shanghai sous le nom de Alice in Wonderland Maze.

Plus récemment, le 23 octobre dernier, Pierre Lambert, spécialiste de renom de l’histoire du cinéma d’animation, a sorti un ouvrage de collection qui rend hommage aux artistes ayant participés au film entre 1939 et 1951.   

Ce livre rassemble plus de 200 documents originaux rares et inédits (cellulos, décors, storyboards…). Cet album d’exception célèbre la genèse artistique d’un classique Disney enfin reconnu et finalement acclamé dans le monde entier.

Livre de pierre lambert – ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

L’œuvre intemporelle de Disney qui était vouée à l’échec a pris une belle revanche et continue de nous fasciner presque 70 ans après sa sortie.

De quoi fêter des anniversaires et des « non-anniversaires » encore très longtemps !

Alice au Pays des Merveilles est à voir ou à revoir sur Disney+.

Kinai
Disney et moi, c’est une longue histoire d’amour. Je suis tombé dedans petit, et je n’en suis jamais ressorti. Du cinéma aux parcs d’attractions, en passant par l’histoire de Walt Disney Company, jusqu’aux BD, tout me passionne.